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Le radicalisme, ce spectre «collé» à l’Islam

La déradicalisation inclut une approche émotionnelle pour déconstruire l’embrigadement relationnel et une approche cognitive pour déconstruire l’embrigadement idéologique. Comme l’embrigadement provoque une rupture qui donne au jeune une vision du monde anxiogène et paranoïaque, l’approche émotionnelle consiste à le sécuriser.

Et comme il a pour objectif d’éloigner le jeune du monde réel pour l’installer dans une illusion permanente, l’approche cognitive permet de déconstruire le mythe qui lui a été présenté. C’est dans ces termes que Dounia Bouzar, ex-éducatrice et anthropologue du fait religieux et de la gestion de la laïcité, et directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam, a résumé l’une des méthodes de lutte contre le radicalisme. Lors d’un colloque international tenu à Fès du 17 au 19 février, l’experte française a présenté les résultats de 3 années d’études sur le radicalisme comme spectre qui terrorise toute l’humanité. Bouzar a donné un aperçu sur le processus de radicalisation des jeunes. Elle a également mis l’accent sur les dérives sectaires qui privent l’individu son milieu social, ajoutant que «la dépersonnalisation des jeunes passe également par l’effacement des contours individuels».

D’autres chercheurs universitaires, psychologues et politologues ont noté que l’instauration et le maintien de la paix et la sauvegarde des valeurs de cohésion et de tolérance nécessitent un travail de longue haleine. Pour Marie Miran-Guyon, anthropologue de l’Islam en Afrique, a souligné que «le religieux comme la politique peut conduire à la guerre comme à la paix». Elle qui avait travaillé sur la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011, a affirmé que durant cette période «des généraux traitaient la paix avec des sergents illettrés et que les musulmans ivoiriens étaient victimes des terroristes et des djihadistes qui ne se limitent pas à la tuerie mais réduisent aussi en esclavage».

A ce titre, les réalités sont complexes, il faut les regarder avec rationalisme. Car, seules l’analyse et les études de l’histoire peuvent déterminer exactement la nature des relations entre la religion et la politique. Selon Mohamed Metalsi, doyen de la faculté Euro-Méditerranéenne des sciences humaines et sociales de Fès, «plusieurs raisons socio-économiques et politiques poussent les jeunes à basculer dans le radicalisme». «Le phénomène de l’extrême religieux n’est pas spécifique à une religion ou une culture particulière», renchérit-il.

Pour y remédier, l’éducation est un facteur incontournable de l’ouverture et de l’épanouissement des jeunes pour les immuniser contre toutes les formes d’extrémisme et de radicalisme. «Il faut également améliorer les conditions de vie des citoyens, particulièrement des jeunes et des femmes, et renforcer la justice sociale», conseille Assia Alaoui Bensalah, ambassadeur itinérant de Sa Majesté le Roi. «L’importance de l’éducation et de la formation pour les jeunes à travers la création des postes d’emploi pour faciliter leur insertion sur le marché du travail et leur intégration socioéconomique, rappelant dans ce cadre l’image réelle de l’Islam: un Islam modéré et de juste milieu», conclut la diplomate.

Source : L'economiste.com

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